Une bonne question à se poser : Le BDSM est un jeu ou un mode de vie alternatif? Personnellement, je crois qu’il y a un peu des deux, qu’on le veuille ou non. Si on concède que c’est juste un jeu de chambre a coucher, il n’en reste pas moins que c’est une pratique régulière chez-soi et donc, fait partie intégrante de notre vie.
What about les 24/7?
Pour l’avoir vécu, je dois dire que c’est pas mal exigeant sur une personne. On se doit d’être a la hauteur en tout temps et ce, dans les 2 rôles. Dominant et soumise. Être constant, sans jamais laisser passer une faute de la soumise peut résulter en un Dominant trop occupé a surveiller sa soumise, qu’il va lui-même s’oublier et même, jusqu'à s’épuiser* (Car on sait très bien que les soumises aiment bien un Dominant qui a de la régularité, sinon, elle va le « topper » assez vite)
Depuis 6 ans, j’ai eu la chance d’avoir connu différents types de soumises. Têtes de cochons, tapis, serviables, dévouées, masos, perverses etc.… Il y en a pour tout les gouts. Donc, à force d’expérimenter avec plusieurs niveaux de soumission, je suis bien placé maintenant pour me faire une bonne idée de ce que je veux, et ne veut pas.
Il est clair que je ne veux pas de tapis. Je préfère, et de loin, une soumise enjouée et peste. Ca développe un sens de la repartie dealer avec ces pestouilles, et de plus, comme je suis une personne qui aime bien rire, et bien, ca met de la vie avoir une personne qui te cherche. Ha!Ha!Ha! La seule chose, il faut prendre garde car, une soumise peste va savoir quel bouton peser pour obtenir une réaction du Dominant. Il ne faut pas tomber dans le piège! Pis pour le tapis, c’est inerte et ca n’excite pas trop. En tout cas, pas pour moi.
Je ne veux plus de 24/7. Je veux être avec une personne pour le plaisir et la possibilité de vivre une sexualité alternative sainement. Je le vois comme un complément a ma vie sexuelle et non ma vie sexuelle. J’ai encore beaucoup de plaisir à baiser sans artifice pour m’allumer. Et en même temps par le fait même, quand je joue, ca m’excite.
Je me rappelle un temps à mes débuts ou je jouais pour jouer. Je n’en retirais aucun plaisir sexuel. Le seul plaisir que j’en retirais, c’était de voir mon travail à la fin. 2 beaux ronds sur les fesses sans dépasser ceux-ci. C’était comme colorier sans dépasser. Je me suis vite lassé de ca et a quelque part, j’en avais perdu la joie et l’excitation de faire des séances.
Depuis janvier de cette année, je me suis dit : No more.
Fini le 24/7. Fini les yeux de faucon a tout surveiller pour être sur la coche. Je veux m’amuser. Avoir une érection en tapant un cul, parce que c’est plaisant de procurer des réactions mélangés entre la douleur et la jouissance.
Je le sais que j’ai du travail à faire pour casser les « mauvais » plis que j’ai pris au cours de mes 6 ans en BDSM. Mais dès que j’en ai pris conscience, ca se travaille bien. Il faut juste être patient. Si je me réfère à mes premiers écrits et réflexions dans ce style de vie alternatif, j’ai changé. Je suis passé de théories que je suivais à la lettre, à une personne qui ne veut que s’amuser sans complications. Pour MON plaisir et non l’approbation du milieu.
En fait, je me considère un Vrai de Vrai…
Un Vrai moi, tout simplement. Libre de s’exprimer comme il l’entend et sans avoir de compte à rendre a personne, pis surtout pas me casser la tête.
Donc, pour répondre a la question du début, jeu ou un mode de vie alternatif? Peu importe, les deux se rejoignent a quelque part et a un niveau différent pour tous et chacun. C’est votre choix.
Pour citer Crash Davis (Kevin Costner) dans le film Bull Durham : “So relax! Let's have some fun out here! This game's fun, OK? Fun goddamnit”
En tout cas, c’est mon choix!
*Syndrome du « Dom-drop »
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